Rêve automatique-2

Le temps est la première question. Elle n’a pas l’importance de celle concernant la place des camélias dans la chanson. Le temps comme gouffre insondable. Le camélia comme massif qui ferme les jardins de la rue. Ni vu, ni connu.
Si même la lumière casse, il n’y a plus qu’à charger les fagots de brindilles avec le sourire, les balancer sur les dos courbés et rire aux éclats du bonheur de travailler plus encore. Tandis que toi… Toi, chaque matin, tu attends le tramway en redingote. Tu rejoins le peintre et son modèle dans l’atelier. Rien ne vient perturber ta nonchalance de nanti. Pas même le chant du paon qui attire sa triste compagne vers les buissons encanaillés.
Ici tu n’entres pas vivant. Ni par la fenêtre aux vitraux ébréchés. Ni avec les oies sauvages. Ça grouille de parasites qui tuent le temps pour ton plus grand ennui. Tu les ignores. Tu es dans l’antre de l’Artiste Officiel
Il y a Lui. Son univers. Sa cours. Ses Choses.
C’est la pierre de ton visage. Ta valise qu’il trimbale. Avec la sienne. Votre bouteille. Pour la soif. Masques grotesques de la création en panne. Je te reconnais bien là, mon petit cœur! Comment vaincre ce vide exponentiel ?
Mieux eût valu s’occuper du passé que de cheminer caché vers un avenir sans la moindre note de ragtime. Pas de  joie. Tu attends la chute sur les rives du Styx. Chute sans lendemain. Car comment se relever sans futur ?
Lui te dit en se moquant : bondis! Prends un châle de mohair rouge-sang et va vers le soleil levant! Là t’attend l’enfant. Celui qui murmure aux âmes perdues : allons nous habiller et nous déshabiller.

Tu l’as fait. Le ciel se noyait dans le ciel, l’écaille dans l’écaille, le tabouret sous le tabouret, et ma sœur dans ma sœur. Tu n’as rien compris. On débouchait la lumière
C’était une sorte de rêve. Tu t’en es sorti avec une grosse bosse vernissée derrière le lobe repeint de ton oreille droite. La vague t’a légèrement submergé mais l’espoir mis dans les cantharides n’a pas été à la hauteur de ton attente. Encore de la platitude. Aucun débordement qui projette dans le monde intergalactique de la création. L’astrophysique, elle-même, n’est que duperie. Pourtant je te le dis encore et encore :
L’infini est bien cette porte ouverte d’un coup par un bébé déjà en turbulette qui se détache des entrailles pour se fixer autour, sur, dans le cœur.
C’est la grande porte de la face cachée du soleil

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