Death is everything

 

Thunder thunder

Ton temps est passé

Et ce flash

Qui prétendrait en avoir assez ?

 

Les garçons se succèdent

La fumée joue

Enveloppe les drums

Cette fille vacille sur ses talons

La taille si fine

Elle a retiré ses mitaines

L’odeur de sa peau

Caramel noisette sur fond seringat

 

Dans si peu de temps

Je la quitterai

Jamais, jamais m’y faire

Cette beauté

Non à moi destinée

After and before

Inévitable

Se sortir de tous les trépignements

L’enfance de l’idiot

Un serin jamais satisfait

 

Je me souviens une chambre

L’hôtel était aux mains

De la bande à Gecko

Tu voulais jouir dans la baignoire

Et les voisins frappaient au mur

Même l’armée ne terrorise pas autant

Les bombardiers soufflaient

Le napalm dans ma petite caboche

Je te disais

Jamais

Je ne poursuivrai cette piste

 

C’est Marlène et Billie qui baisent

Accouchent d’une fièvre sanglante

Une prière dans les limbes

De ma cervelle en rut

Et toi qui tournoies sans cesse

Fuyons…

La Chrysler plonge sur l’asphalte

Ta frange bat tes cils

Tes mains à mes basques

La chaleur de ton cul

La torpeur du ciel violine

Dans le silence turquoise et tragique

Du nevermind.

 

Mes vieux parents s’en sont allés

Et moi l’orphelin

Poursuivi par une flambeuse

Au rimmel en rigoles sur les joues hâves

Qui me pousse, me harcèle

Jusqu’au squelette,

A l’âme éveillée en maison hantée

Silence !

Death is everything

Elle appuyait son menton durement sur ses grains de beauté à lui, fils de Niel auréolé de sueur. La vanité de son sein nu déployait son ardeur biologique, loin de toute considération libertaire.

Ne pas abdiquer.

Pirouetter, délivrer des postillons salaces sur les guiboles de ses groupies exsangues. Si Dieu l’avait élu, lui l’aurait débouté, accroupi sur les pavés de merde de cette ville de merde qui ne proposait pas même une seule baignade.

Il avait cotoyé les Jokes, ceux dont l’abdomen s’incurvait en dedans, rendant tout tatouage indéchiffrable. L’après midi en horde, le soir en duo, s’affairer en oubliant trop vite la crinière brune aux doigts jaunis de la clope. Demeuraient le miroir, l’ombre et le manque. Trembler et geindre.

Jamais abdiquer.

Autrefois sa mère le récupérait à genoux, recroquevillé dans les couloirs d’un lycée terne, tordu de culpabilité. Tout devenait chanson. Le crime ne résidait pas en tenir deux baguettes et franchir la frontière des déchus. Murmurer, bredouiller, bégayer LOVE.

–          tu ouvres mes yeux au soleil

–          tu me tiens debout dans la nuit qui n’en finit plus

–          tu me menaces

–          tu me tournes le dos

–          tu m’érafles de tes doigts

–          tu nourris mes cauchemars

–          tu me presses

–          tu me disperses

–          tu me fermes

–          tu m’agrandis

–          tu embrasses mes orteils

–          tu me poursuis dans les rues

–          tu me frôles de tes mots

Le crâne irradié, les dents dessoudées, des anneaux d’argent sur le poitrail, les épaules couvertes d’une peau de panthère, la fille s’avance sans bruit. Ses sœurs ont battu le pavé et creusé la faille de son cœur, un volcan froid, un paysage fabuleux, un monde d’initiés aux canines aiguisées, robe blanche et brodée, fendue sur les hanches, chaussures de mecs. Tant de cris jetés, les sens révulsés, pupilles droit devant, une trilogie de lézards apitoyés sous la cariole de leur destin.

La nuit enrobait l’hiver, la neige crissait, des larmes rouges gouttaient, le crétin a eu besoin de se taire, il a ralenti et il a franchi la grille.

Death is everything.

 

 

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