« Anticorps »

L’accélération du sang et l’abandon, c’est le moment où nous nous laissons tomber. Ils sont tous dans le crépuscule, dans ce temps où l’on ne dit rien. Je continue de parler mais le doute me prend car cela n’a pas de sens. Je n’arrive pas à rassembler mes idées, la colère vient, c’est une sensation aigüe, une libération.

La femme est source de vie et blessure profonde. Les hommes s’approchent pour chercher la mort toi si tu viens vers moi pour chercher la mort c’est que ton corps est lourd et tu veux prendre soin de moi ? Mon liquide organique est comme une gelée sale, rouge. Dans mon utérus une mouche bourdonne mon corps se vide quand je l’écrase, rien ne s’arrête je ne sais pas où je suis c’est comme ça que je survis je n’ai plus de besoin de rien je pensais que je ne reviendrai pas mon corps s’alourdit s’affaiblit rien n’est pire que d’attendre pour rien j’ai souffert et je les fais souffrir mais je veux prouver le contraire.

Je resterai silencieuse.

Ici, on enterre les morts et on baise les vivants. Je suis celle qui a oublié son propre nom je vis dans l’obscurité le plaisir ne laissera de place à rien d’autre. Je suis ton obscurité rien ne peut m’arrêter. Je suis comme une plaie ouverte à cet univers où je t’emmène et tu me suis. Jusque dans cette impasse. Et quand tu m’entends, le jeu est le dernier choix. Je veux que ma peau devienne vivante. Je me promène avec la lune. Dans tes yeux, ma bouche pleine de mouches. La poudre blanche est la seule chose respirable. Tout ce qui a de l’importance est blanc.

Chaque jour se transforme doucement en nuit. Pourtant, la viande me rend folle.

Et tu es là. Tu n’es pas un homme, tu es moi. Tu es un paradoxe. Rien ne peut me retenir, je m’offre au monde comme une blessure ouverte je pleure la nuit je suis inaccessible pour recevoir je refuse de donner j’ouvre mes bras pour te guider jusqu’ici. Je ne veux rien. Les hommes passent à travers moi et c’est si lumineux. Que faire de toute cette lumière ?

Je suis malade et je ne veux pas mourir. Pas encore.

Ne jamais se regarder dans les yeux. Seulement profondément.

Et se dire que c’est réel.

On ne fait plus attention aux rêves, ils ne veulent plus rien dire.

L’accélération du sang et l’abandon, c’est le moment où nous nous laissons tomber. C’est le crépuscule. Tout ce temps où je ne dis rien, je parle encore. Mais à moi-même. Le doute me prend car cela n’a pas de sens. Une sensation non consciente. Je comprends que tout cela ne dépend que de moi.

D’après Antoine d’Agata

 

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Auteur : Les ateliers de traverse

Ateliers d'écriture: textes, animations, événements, publications Les Ateliers de traverse sont présents dans la région parisienne, en Normandie et dans le Languedoc Roussillon

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