EXPOSITION de Nobuyoshi ARAKI

 

 

Du 13 avril au 5 septembre 2016 au Musée Guimet

«  La photographie, c’est la vie. Et la vie est un voyage sentimental. » Araki

Ses Flowers ouvrent l’exposition et le pouvoir érotique de ces images-fleurs est frappant. En elles s’incarne évidemment toute l’éphémère beauté, en elles sont célébrés les défunts à qui l’on offre leur parfum envoûtant. Un topos artistique revisité de façon irrésistible et saisissante.

On parcourt ensuite Le voyage sentimental ( 1971) et Le voyage d’hiver ( 1990), présentés avant le travail photographique lié au «  Kimbuku », ce jeu érotique de sexe et de cordes qui nourrit l’oeuvre d’Araki et ce « Théâtre de l’Amour » frénétiquement composé de scènes prises par ce petit bonhomme qui marche très droit et photographie comme il respire.

Les images entêtantes de l’être aimé perdu, sa femme, occupent ses deux voyages.

Le premier capte le corps anguleux couché sur le tatami, cette poitrine menue tendue vers la nature, la simplicité d’une pose dans un jean bleu foncé, les boucles brunes et sombres de Yoko, ce visage flou de l’orgasme, la jupe vichy couchée dans la barque, une bouche qui ne sourit jamais, le regard profond, une tête légèrement inclinée vers le bas même sur la traditionnelle photo des mariés.

Le second rend palpable le déclin de l’être malade, sa révérence : ne reste que le chat dans l’appartement, au pied des couronnes mortuaires, celui qui réchauffait la couche de la malade, celui qui reposa près de sa tête embaumée et fleurie et qui attend maintenant devant la fenêtre, face au décor hivernal. Ce chat qui, sur une autre photo, cabriolera dans la neige. Sur la terrasse abandonnée, les chaises sont désormais repliées, le gris du ciel s’installe et le chat constate.

Araki est partout dans ces mises en scène de la perte : dans le personnage du chat bien sûr, dans la mélancolie du portrait de Yoko placé à côté des cendres, dans cette chambre d’hôpital et dans la main serrée pour l’éternité. Mais aussi, dans ces échappées merveilleuses que sont les fragments de cieux tourmentés qui nous délivrent un dernier message, celui d’une beauté du monde offerte à tous ceux qui sont réceptifs.

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