BEL ETE, BELLES LECTURES : 5 romans à (re) découvrir

Parfois on me demande des titres de livres que j’ai aimés ces dernières années ( bien sûr il y en a plein d’autres mais je me suis tenue à un chiffre restreint), alors voici aujourd’hui les 5 romans que je conseillerais à mes amis lecteurs. SE

L’attrape-coeur de Salinger ( 1951): longue déambulation dans New York d’un adolescent viré de son école, qui ne trouve sa place nulle part, trimballe son mal être et sa rébellion contre toute forme d’hypocrisie et tout ordre établi, y compris celui que voudrait lui imposer ses parents. Un récit à la première personne qui nous immerge dans le monde intérieur d’un gosse de 15 ans. Décapant de par la langue, les thèmes et les pensées.

Une saison de nuits ( 1963) « Run River » de Joan Didion

«  Lily entendit le coup de feu à une heure moins dix-sept minute. »

Tel un personnage magnifiquement romanesque, la femme d’ Everett Mc Clellan, Lily Knight fit couler dans son décolleté une rasade du parfum Joy, Le Plus Cher du Monde.

Ainsi entrons-nous in medias res, au choix, dans un roman policier, un drame passionnel ou une tragédie, à moins que « Run River » de Joan Didion relève des trois genres.

Trois actes ( août 1959/ 1938-1959/ août 1959) pour dérouler le destin tragique de deux dynasties de pionniers californiens, unies par les liens du mariage, et pour qui, comme le souligne l’épigraphe : «  « … le véritable El Dorado se trouve toujours plus avant. » (1837 New Guide to the West). Une histoire de couple qui dégénère «  en famille » durant vingt ans jusqu’à cet acte aussi dépourvu de sens qu’un grand amour qui s’érode et qui meurt.

Un roman porté par de sombres et splendides personnages qui s’enferrent dans des liens d’amour malheureux, deux personnages féminins surtout : Lily qui reste toujours à distance et d’une cruauté raffinée, Martha, celle qui ne se résout jamais à jouer la comédie des bonnes manières, celle qui ne cherche pas le bon ton pour dire sa douleur. Qu’ils soient père ou mère, amant ou époux, frère, sœur ou encore belle – sœur, chacun avance son pion en faisant tomber un autre.

Le fil conducteur semble être cette rivière qui gronde au pied de la demeure des Mc Clellan, et son ponton qui sert de scène finale lorsque le vent s’est levé et que la fureur de l’eau a tout emporté.

Le premier roman de Joan Didion, paru en 1963 et traduit en 2014 en français, est donc plutôt désespéré mais curieusement on savoure ce calice jusqu’à la lie.

Une saison ardente ( 1991) de Richard Ford ( celui qui inventa ce personnage désenchanté et attachant que l’on retrouve dans Un week end dans le Michigan et Indepandance Frank Bascombe chroniqueur sportif) ou la désagrégation d’un couple qui se transforme en deux individualités fortes sous les yeux de leur fils en retrait.

Tendre est la nuit ( 1934) de F.S. Fitzgerald, et oui celui de Gasby le magnifique : comment Dick construit un univers féerique pour sauver Nicole son épouse qui souffre de shizophrénie et dérape sur sa propre fêlure. De belles pages qui narrent les soirées mondaines et les belles journées passées sur la Côte d’Azur durant l’entre deux guerres, un décor pour mettre en scène l’effondrement d’un monde.

Shibumi ( 1979)Trevianan ou la rencontre improbable dans un village de la Soule ( Pays Basque) d’un agent secret formé au jeu de Go par un maître japonais, avec la Mother Company, une organisation internationale qui pratique le crime à des fins politiques et financières. Le roman s’ouvre sur l’enfance du héros à Tokyo, de la guerre sino-japonaise à celle du Pacifique. Des passages poignants évoquent la transmission de la douleur et de la force nécessaire pour résister à la douleur, notamment une scène magnifique avec son père adoptif sous les cerisiers en fleurs.
Un polar sous le signe du Shibumi, philosophie de vie, de jeu et de combat qui permet à Nicholaï Hel de nous séduire aussi bien lorsqu’il est en mission que lorsqu’il jouit de sa liberté auprès de sa concubine Hana dans son château du Pays Basque.

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