Lux diaries

Aujourd’hui la lumière dégouline de chaleur.

Aujourd’hui la lumière froide des lieux aseptisés.

Aujourd’hui la lumière de l’écoute.

Aujourd’hui la lumière vagabonde.

Aujourd’hui la lumière vieille de plusieurs millions d’années.

Juillet

Aujourd’hui la lumière filmée en noir et blanc.

Aujourd’hui la lumière du sang éternel.

Aujourd’hui la lumière des invisibles into the wild.

Aujourd’hui la lumière sous les platanes de la brasserie.

Aujourd’hui la lumière à travers de nouvelles lunettes.

Aujourd’hui la lumière ‘sous le soleil de Satan’.

Aujourd’hui la lumière voulait dormir.

Aujourd’hui la lumière écrasante du silence.

Aujourd’hui la lumière d’une lettre à l’odeur de pommes.

Aujourd’hui la lumière écrit la journée en dialecte breton.

Aujourd’hui la lumière renonce à pénétrer les demeures.

Aujourd’hui la lumière des écrits de Pasolini.

Aujourd’hui la lumière immobile au bord de la rivière.

Aujourd’hui la lumière devenue la cible de l’ignorance.

Aujourd’hui la lumière fantasque crible les sous-bois de pastilles dorées.

Aujourd’hui la lumière des néons éblouissant le comptoir d’un bistro à demi-désert.

Aujourd’hui la lumière s’efface devant l’écriture.

Aujourd’hui la lumière d’une véritable expérience sensorielle.

Aujourd’hui la lumière fuit au-dessus des nuages.

Aujourd’hui la lumière kaléidoscopique de Time square.

Aujourd’hui la lumière d’un carré blanc sur fond blanc.

Aujourd’hui la lumière des birthday candles.

Aujourd’hui la lumière d’un ciel intense derrière les gratte-ciels de Manhattan.

Aujourd’hui la lumière du sourire d’une ado qui découvre la lune.

Aujourd’hui la lumière Giacometti sur les murs du Guggenheim.

Aujourd’hui la lumière d’ouest en est.

Aujourd’hui la lumière se retire.

Aujourd’hui la lumière se métamorphose.

Aujourd’hui la lumière inconfortable d’un rêve où chacun arbore les mauvaises traces du passé.

Aujourd’hui la lumière est celle, désuète, provenant de la mandoline d’un gaucher.

Aujourd’hui la lumière sous un porche d’immeuble, juste un matelas, un litre de rhum Coca et un jeune homme.

Aujourd’hui la lumière sillonne la ville dionysiaque.

Aujourd’hui la lumière sous une vigne au mildiou.

Aujourd’hui la lumière sur les routes à 80 km/h.

Aujourd’hui la lumière remet les compteurs à zéro.

Aujourd’hui la lumière me souffle Claudel.

Aujourd’hui la lumière post orage.

Aujourd’hui la lumière, pour moi.

Aujourd’hui la lumière de deux antagonismes.

Aujourd’hui la lumière explore Rapa Nui.

Aujourd’hui la lumière tolosane.

Aujourd’hui la lumière d’une soirée de confidences.

Aujourd’hui la lumière du foot.

Aujourd’hui la lumière Cabos.

Aujourd’hui la lumière, y en a pas.

Aujourd’hui la lumière qui tire vers le bas.

Aujourd’hui la lumière désertée de France/Belgique.

Aujourd’hui la lumière dès 6h, celle des cigales.

Aujourd’hui la lumière sur les puits, forages, sources et pompes.

Aujourd’hui la lumière comme l’amitié en recèle.

Aujourd’hui la lumière se rallume pour la femme désarçonnée.

Aujourd’hui la lumière d’une longue année.

Aujourd’hui la lumière accuse les coups du sort.

Aujourd’hui la lumière et ses complices.

Aujourd’hui la lumière sur une Flandre tatouée.

Aujourd’hui la lumière explore le passé.

Aujourd’hui la lumière qui enivrait Van Gogh (sur les pas d’Henry Miller à Phaestos).

Juin

Aujourd’hui la lumière rayonne parmi les livres.

Aujourd’hui la lumière signe Francesca.

Aujourd’hui la lumière a le charme hybride d’une demeure fraternelle.

Aujourd’hui la lumière incarne le petit mazet.

Aujourd’hui la lumière rencontre Kim.

Aujourd’hui la lumière, et moi? et moi? et moi?…

Aujourd’hui la lumière redoute l’orage.

Aujourd’hui la lumière a le sommeil profond.

Aujourd’hui la lumière des canadairs au-dessus des bambous.

Aujourd’hui la lumière, toute sur l’intime.

Aujourd’hui la lumière inonde les premières figues cueillies.

Aujourd’hui la lumière bleue d’un champ de lin en fleurs.

Aujourd’hui la lumière, celle de l’enfant et de la mère.

Aujourd’hui la lumière fraîche du petit matin.

Aujourd’hui la lumière vise au plus juste.

Aujourd’hui la lumière au fond de la poche, un mouchoir par-dessus.

Aujourd’hui la lumière concilie paroles et silence.

Aujourd’hui la lumière plane sur le désarroi.

Aujourd’hui la lumière jardine.

Aujourd’hui la lumière blanche des hôpitaux.

Aujourd’hui la lumière reprend souffle.

Aujourd’hui la lumière est douloureuse.

Aujourd’hui la lumière est un petit soldat.

Aujourd’hui la lumière est opaque.

Aujourd’hui la lumière a un corps ambré.

Aujourd’hui la lumière, coite.

Aujourd’hui la lumière ne réside plus.

Aujourd’hui la lumière bulle.

Aujourd’hui la lumière conjugue le Verbe performatif.

Aujourd’hui la lumière fuit l’entendement.

Aujourd’hui la lumière comme une invitation à la plage.

Aujourd’hui la lumière remonte le temps.

Aujourd’hui la lumière rechigne.

Aujourd’hui la lumière traverse les négatifs.

Aujourd’hui la lumière a un nouveau regard, elle sort du songe, elle capte l’innommable.

Aujourd’hui la lumière d’un photon qui se pointe  dans la tristesse.

Aujourd’hui la lumière des foudres quotidiennes.

Aujourd’hui la lumière, mémoire de feuilles via Binh Danh.

Aujourd’hui la lumière a des airs de  fragilité comme celle des petits coquillages sur les surfaces humides.

Aujourd’hui la lumière tremble, flamme sous les vents d’un destin.

Aujourd’hui la lumière bicolore des jacassements de pies.

Aujourd’hui la lumière d’un teint de jeune fille.

Aujourd’hui la lumière, on aurait dit un vieux plaid raccommodé en maints endroits, cher à Durrell.

Aujourd’hui la lumière vacillante de nos souvenirs.

Aujourd’hui la lumière de deux sœurs qui veillent malgré elles sur Kurt.

Aujourd’hui la lumière de deux bougies d’anniversaire.

Aujourd’hui la lumière, celle d’un voyou tatoué qui a grandi.

Aujourd’hui la lumière éteint l’espoir.

Aujourd’hui la lumière des éructements punk en stetson immaculé.

Mai

Aujourd’hui la lumière parle aux hommes.

Aujourd’hui la lumière a-t-elle la douceur d’une mousse au chocolat ?

Aujourd’hui la lumière boude les rituels.

Aujourd’hui la lumière survole la Lituanie.

Aujourd’hui la lumière de Lamartine quand le vin est bleu, la nappe est sale.

Aujourd’hui la lumière s’annonce bouddhiste.

Aujourd’hui la lumière esquisse une danse.

Aujourd’hui la lumière troue une vallée cévenole.

Aujourd’hui la lumière rentre au bercail.

Aujourd’hui la lumière des fourneaux, du fournil, de la fonderie.

Aujourd’hui LEUR lumière.

Aujourd’hui la lumière d’un automatique – lumière de terreur.

Aujourd’hui la lumière que je n’aime pas, celle du regret ou plutôt du manque.

Aujourd’hui la lumière des études.

Aujourd’hui la lumière des framboises en leur maturité.

Aujourd’hui la lumière bretonne, italienne, in fine gardoise.

Aujourd’hui la lumière comme celle d’un foie malade.

Aujourd’hui la lumière de pétage de plomb.

Aujourd’hui la lumière en d’aussi monstrueux parages…

Aujourd’hui la lumière se goûte en gouttes.

Aujourd’hui la lumière est loquace.

Aujourd’hui la lumière, ce sont les coquelicots sur le ballast.

Aujourd’hui la lumière balaie les archipels.

Aujourd’hui la lumière, c’est l’éclat d’un hélicoptère au-dessus du champ.

Aujourd’hui la lumière des Dogs sur notre jeunesse.

Aujourd’hui la lumière croustille comme une tartine.

Aujourd’hui la lumière aux temps du polythéisme.

Aujourd’hui la lumière dédiée à celle qui ne prend plus ride.

Aujourd’hui la lumière n’a pas d’odeur.

Aujourd’hui la lumière scande le temps.

Aujourd’hui la lumière posée là, tout simplement.

Aujourd’hui la lumière, poing levé.

Avril

Aujourd’hui la lumière lève les yeux au ciel.

Aujourd’hui la lumière quand « l’œil existe à l’état sauvage » d’André Breton.

Aujourd’hui la lumière en haillons.

Aujourd’hui la lumière magique de la compréhension.

Aujourd’hui la lumière, je ne sais pas s’il en sera toujours ainsi.

Aujourd’hui la lumière traversée par les sonorités de la mégapole.

Aujourd’hui la lumière réécrit Kim.

Aujourd’hui la lumière d’un candélabre.

Aujourd’hui la lumière a soif de netteté.

Aujourd’hui la lumière – the blossoms start to open in NYC.

Aujourd’hui la lumière ne dort pas.

Aujourd’hui la lumière au dessus des nuages.

Aujourd’hui la lumière enrubanne le Gardon.

Aujourd’hui la lumière d’un feu d’enfer.

Aujourd’hui la lumière du songe, de l’enfance perdue et du désir.

Aujourd’hui la lumière, merci de ton aide.

Aujourd’hui la lumière pétille face à la tour Magne.

Aujourd’hui la lumière ne se soucie pas des conséquences.

Aujourd’hui la lumière absorbe l’opacité des rapaces.

Aujourd’hui la lumière se roule sur les épaules dénudées.

Aujourd’hui la lumière chante au-delà des haies.

Aujourd’hui la lumière, je l’embrasse.

Aujourd’hui la lumière se réveille citronnée.

Aujourd’hui la lumière répond au Coucou.

Aujourd’hui la lumière arrache…

Aujourd’hui la lumière des filles.

Aujourd’hui la lumière émane des étoiles.

Aujourd’hui la lumière est une pluie de pétales sur l’herbe – à venir les cerises.

Aujourd’hui la lumière part en campagne.

Aujourd’hui la lumière en chambre noire.

Aujourd’hui la lumière comme le seul regard qui vaille.

Aujourd’hui la lumière tamisée par les soucis.

Aujourd’hui la lumière ouvre ses portes.

Aujourd’hui la lumière des passages.

Aujourd’hui la lumière éclabousse telle une orange.

Aujourd’hui la lumière des rires autour des balançoires.

Aujourd’hui la lumière se détourne des réseaux sociaux, se replie sur sa source, se concentre sur ce qui est.

Aujourd’hui la lumière sur les paupières de l’enfant endormi.

Aujourd’hui la lumière …doucement…intensément.

Aujourd’hui la lumière sur les collines de la Champagne.

Aujourd’hui la lumière liturgique.

Aujourd’hui la lumière épuisée d’un père.

Aujourd’hui la lumière ternit.

Aujourd’hui la lumière d’un chanteur poète qui disparait, trois points de suspension.

Aujourd’hui la lumière sur le printemps.

Aujourd’hui la lumière interroge l’évidence.

Aujourd’hui la lumière a perdu ses repères et ne sait plus à qui s’en remettre.

Aujourd’hui la lumière souligne le surgi.

Aujourd’hui la lumière demeure coite.

Aujourd’hui la lumière sourd de l’effacé.

Aujourd’hui la lumière des canards et du cresson.

Aujourd’hui la lumière en résonances.

Aujourd’hui la lumière crache contre vents et marées.

Aujourd’hui la lumière troue l’écume des vagues.

Aujourd’hui la lumière est de granite.

Mars

Aujourd’hui la lumière goutte des larmes.

Aujourd’hui la lumière est tout ouïe.

Aujourd’hui la lumière se courbe sous le vent glacial.

Aujourd’hui la lumière veille.

Aujourd’hui la lumière, mon amie je ne t’avais pas oubliée.

Aujourd’hui la lumière transite par les hémisphères cérébraux.

Aujourd’hui la lumière, désinvolte et nonchalante.

Aujourd’hui la lumière baigne l’atelier à hauteur de la canopée.

Aujourd’hui la lumière, une utopie.

Aujourd’hui la lumière est en vacance.

Aujourd’hui la lumière s’étire vers la nuit.

Aujourd’hui la lumière est en quête d’équilibre.

Aujourd’hui la lumière déserte lentement la lumière.

Aujourd’hui la lumière se révolte.

Aujourd’hui la lumière est absurde.

Aujourd’hui la lumière tourneboule l’appétit d’écrire.

Aujourd’hui la lumière tresse les mots.

Aujourd’hui la lumière irritante des arbres méditerranéens.

Aujourd’hui la lumière des fous-rires.

Aujourd’hui la lumière respire sous un ciel mouillé d’ardoise.

Aujourd’hui la lumière flotte, petits cristaux blancs dans la nuit noire.

Aujourd’hui la lumière qu’allument les cheminots.

Aujourd’hui la lumière blanche caresse la Seine.

Aujourd’hui la lumière est auréolée, grave, rebelle, émoustillante et gagnante.

Aujourd’hui la lumière capte les poussières en un rayon printanier.

Aujourd’hui la lumière réveille les insectes.

Aujourd’hui la lumière sublime les ruines.

Aujourd’hui la lumière, « joueur il l’aura humide » (anagramme).

Aujourd’hui la lumière est vierge, même répétée, selon René Char.

Aujourd’hui la lumière de la ville blanche qu’est Nîmes.

Aujourd’hui la lumière joue sur les notes de musique du chant des merles.

Aujourd’hui la lumière voyage en diaporama.

Aujourd’hui la lumière sur le casque des mineurs.

Aujourd’hui la lumière détourne Camus.

Aujourd’hui la lumière dans un mouchoir de poche.

Aujourd’hui la lumière oscille entre guerre et sexe.

Aujourd’hui la lumière, nom féminin pluriel.

Aujourd’hui la lumière habite Miami, sa chaleur et ses voitures, là-bas une vieille dame pleine d’énergie.

Aujourd’hui la lumière est, les lumières ne sont plus.

Aujourd’hui la lumière mi-rassurée, mi-affolée.

Aujourd’hui la lumière, c’est une pluie d’or devant Danaé

Aujourd’hui la lumière, cristaux d’un kaléidoscope.

Aujourd’hui la lumière se décrypte au CNRS.

Aujourd’hui la lumière pianote sur un clavier.

Aujourd’hui la lumière diffuse le renouveau.

Aujourd’hui la lumière…de Jeanne à Barbara.

Aujourd’hui la lumière d’une renaissance.

Aujourd’hui la lumière provient de Montpellier.

Aujourd’hui la lumière des nappes de verglas sur le bitume.

Aujourd’hui la lumière se relève, dévoilant de nouvelles perspectives.

Aujourd’hui la lumière enfermée dans les mots.

Aujourd’hui la lumière n’est plus blanche.

Février

Aujourd’hui la lumière est devenue invisible comme un point dur dont on trouve trace dans les ruines d’une villa romaine et son pavement de mosaïque noire du 1er siècle (emprunts à Vanina Maestri)

Aujourd’hui la lumière se trouve déviée par une structure qui entoure l’objet et qui régit les nuages et leur évolution…aucun intérêt…(emprunts à Vanina Maestri)

Aujourd’hui la lumière impuissante regarde les hellébores se courber sous la fulgurance du froid.

Aujourd’hui la lumière nécessite des détecteurs sensibles, des dispositifs rétractables, des modèles à géométrie variable (emprunts à Vanina Maestri)

Aujourd’hui la lumière de l’enfant qui joue avec le langage.

Aujourd’hui la lumière se tait.

Aujourd’hui la lumière autopsie la folie.

Aujourd’hui la lumière oublie les blessures.

Aujourd’hui la lumière effleure les fantômes.

Aujourd’hui la lumière diffuse et blanche du ciel couvert – dixit Marguerite Duras.

Aujourd’hui la lumière retenue dans les rets d’une brume rebelle.

Aujourd’hui la lumière court dans le jardin, quel mystère!

Aujourd’hui la lumière persiste – les prunus en fleurs.

Aujourd’hui la lumière met le nez dehors.

Aujourd’hui la lumière – comme on écrit à la lumière de l’idéologie anarchiste.

Aujourd’hui la lumière distille ses herbes et ses épices.

Aujourd’hui la lumière, comme les vagues épandues qui s’éloignent et se joignent à l’infini.

Aujourd’hui la lumière – Damned ! Les vitres sont sales!

Aujourd’hui la lumière sous ta lèvre.

Aujourd’hui la lumière enfin!

Aujourd’hui la lumière panachée des floraisons.

Aujourd’hui la lumière que l’on implore.

Aujourd’hui la lumière pique et triomphe.

Aujourd’hui la lumière est emportée dans des tourbillons de grésil qui effacent le paysage.

Aujourd’hui la lumière c’est le midi du désert que Maupassant va chercher en Algérie.

Aujourd’hui la lumière, c’est la majesté prune des vergers.

Aujourd’hui la lumière impérieuse, plus tard impériale.

Aujourd’hui la lumière de tes seize ans.

Aujourd’hui la lumière fond sur Paris enneigé.

Aujourd’hui la lumière s’éloigne et rejoint le grand large.

Aujourd’hui la lumière prend couleur artichaut.

Aujourd’hui la lumière, celle du lustre fantastique du Grand Hôtel à Cabourg.

Aujourd’hui la lumière est celle des yeux d’Homère.

Aujourd’hui la lumière, c’est tout à la fois ramasser, cueillir, collecter, dire, lire, comme une méditation de Pascal Quignard. 

Aujourd’hui la lumière – qu’importe la lumière si elle ne réchauffe pas!

Aujourd’hui la lumière s’absente – le départ, le silence, la peine – et passe le temps.

Aujourd’hui la lumière en cristaux.

Aujourd’hui la lumière panse la grande entorse au narcissisme.

Aujourd’hui la lumière reflue, marée de désillusions.

Aujourd’hui la lumière en clair obscur surgit dans les mots.

Aujourd’hui la lumière a le mordant de la glace.

Aujourd’hui la lumière fuit quand je l’approche.

Aujourd’hui la lumière de Claudel disparu illumine ma naissance.

Aujourd’hui la lumière court sur les cartes.

Aujourd’hui la lumière s’empare des berges inondées.

Janvier

Aujourd’hui la lumière se recroqueville dans l’eau en mouvement.

Aujourd’hui la lumière est en costume.

Aujourd’hui la lumière est enterrée au fond du jardin avec le chien.

Aujourd’hui la lumière émane du fils.

Aujourd’hui la lumière étouffée dans la brume.

Aujourd’hui la lumière habite la lisière camarguaise.

Aujourd’hui la lumière incite les oiseaux à se poltronner dans les interstices.

Aujourd’hui la lumière des envies – volatiles et volages.

Aujourd’hui la lumière d’une voix de contre-ténor dans la Saint Chapelle- un pur moment de grâce.

Aujourd’hui la lumière opaque quand des braises on retire l’innommable.

Aujourd’hui la lumière dédicace le jardin  sur les branches des noisetiers – chatons.

Aujourd’hui la lumière d’un mur d’eau abreuve les végétaux désemparés.

Aujourd’hui la lumière que n’atteignent plus les yeux.

Aujourd’hui la lumière sur la première fleur du Camélia.

Aujourd’hui la lumière, la belle lumière de la santé – dixit Montaigne.

Aujourd’hui la lumière invente la vie.

Aujourd’hui la lumière des écrans.

Aujourd’hui la lumière traverse la crinière blanche au ralenti.

Aujourd’hui la lumière s’économise dans la couverture sombre de lourds nuages.

Aujourd’hui la lumière a le goût acidulé des câprons.

Aujourd’hui la lumière sur les ailes ruisselantes d’un héron cendré.

Aujourd’hui la lumière enflamme le bitume – l’effroi, la fuite, le saccage.

Aujourd’hui la lumière du fantastique sur les ruines de l’abbaye de Jumièges.

Aujourd’hui la lumière nostalgique à l’écoute de Radiohead.

Aujourd’hui la lumière apparaît lavée des clichés.

Aujourd’hui la lumière frugale sur le désert et le vertige du temps.

Aujourd’hui la lumière résiste aux bourrasques.

Aujourd’hui la lumière reculée du merle.

Aujourd’hui la lumière : j’y accroche mon regard, mes espoirs, et mon cœur angoissé- elle me réchauffe.

Aujourd’hui la lumière seule sur la plage la nuit, selon  Walt Whitman.

Aujourd’hui la lumière sombre des malentendus.

Aujourd’hui la lumière virevoltante des mésanges dans le néflier.

Aujourd’hui la lumière m’a filé entre les doigts.

Aujourd’hui la lumière brandie par la fille de la nuit égarée.

Aujourd’hui la lumière d’une grasse matinée.

Aujourd’hui la lumière des ombres chinoises.

Aujourd’hui la lumière, ensemble.

Aujourd’hui la lumière dans les ateliers.

Aujourd’hui la lumière en retrait sans savoir pourquoi – en regret la lumière  aujourd’hui.

Aujourd’hui la lumière accepte lentement de poindre.

Aujourd’hui la lumière du mimosa d’Andréas

Aujourd’hui la lumière, une péniche sur la Seine.

Aujourd’hui la lumière dérobée par les puissants.

Aujourd’hui la lumière matinale des phares blesse les cornées.

Aujourd’hui la lumière – une quête improbable.

Aujourd’hui la lumière, un voile blanc sur les silhouettes dépouillées mais splendides des arbres.

Aujourd’hui la lumière de Marengo.

Aujourd’hui la lumière en camaïeu de gris.

Aujourd’hui la lumière se révèle graisseuse sur les fruits desséchés.

Aujourd’hui la lumière s’oublie.

Aujourd’hui la lumière a pris des allures de cauchemar entre les pavés luisants d’une route abîmée, une gargote albanaise et des amis entraînés dans cette absurdité instable, effrayante même.

Aujourd’hui la lumière flotte entre les désirs.

Aujourd’hui la lumière – ou plutôt son reflet – dans les lunettes du guitariste.

Aujourd’hui la lumière du retour au bercail.

Aujourd’hui la lumière, c’est Cate l’australienne.

Aujourd’hui la lumière des Frères au musée des Confluences à Lyon.

Aujourd’hui la lumière balayée par les rafales.

Aujourd’hui la lumière dans les yeux de qui manifeste.

Aujourd’hui la lumière se fait toute petite, dubitative devant les soubresauts du monde.

Aujourd’hui la lumière est une grosse lune masquée.

Aujourd’hui la lumière est plurielle.

Décembre 2017

Aujourd’hui la lumière filtre les bilans.

Aujourd’hui la lumière de l’une à l’autre, dessine une arabesque sacrée.

Aujourd’hui la lumière en myriades de feux rouges qui défilent deux par deux entre les rives d’une nature dégoulinante.

Aujourd’hui la lumière ne filtre pas, c’est l’heure où les histoires s’échafaudent et les désirs se consument.

Aujourd’hui la lumière croît, matin et soir.

Aujourd’hui la lumière anticipe les rois mages.

Aujourd’hui la lumière dégivre les toiles d’araignées impuissantes.

Aujourd’hui la lumière du Baiser de Klimt, avec au verso tes mots d’adolescente – dorée la lumière aujourd’hui.

Aujourd’hui la lumière détourne les carnets.

Aujourd’hui la lumière par dessous les corolles putrides, attention les enfants!

Aujourd’hui la lumière en une ligne blanche au-dessus de la canopée sombre de la forêt.

Aujourd’hui la lumière est sur le papier.

Aujourd’hui la lumière a oublié.

Aujourd’hui la lumière est l’enfant; l’enfant est la lumière.

Aujourd’hui la lumière je n’ai pas eu le temps de la regarder.

Aujourd’hui la lumière laisse le temps à l’enfant de jouer aux osselets en bord de mer, au dire de Théo Angelopoulos.

Aujourd’hui la lumière commence un long réveil.

Aujourd’hui la lumière tourne en rond dans la nuit, dévorée par le feu selon Guy Debord.

Aujourd’hui la lumière, pauvre hère.

Aujourd’hui la lumière accompagne tous les bémols.

Aujourd’hui la lumière sur une surface vert extrême délétère.

Aujourd’hui la lumière est Venise et Honfleur, la lumière est la mer, la lumière est Marguerite Duras.

Aujourd’hui la lumière qu’on ne voit pas, parce qu’elle est la lumière même (Nicolas de Staël).

Aujourd’hui la lumière éclaire les rectangles en attente.

Aujourd’hui la lumière est de coton.

Aujourd’hui la lumière saumâtre si on se souvient de ses esclandres passées (rêve sept).

Aujourd’hui la lumière vacille, les photons s’éparpillent.

Aujourd’hui la lumière du rire d’un homme surtout si on ne dit pas et si on ne fait pas ensemble (rêve six).

Aujourd’hui la lumière rase gratuit.

Aujourd’hui la lumière d’une fragrance musquée – un instant de volupté.

Aujourd’hui la lumière du sphinx qui nous parle de la distance, de la transmission et de ce qu’il en reste comme à la fin d’un film de David Lynch (rêve cinq).

Aujourd’hui la lumière de l’instant éclairé de jeunesse (rêve quatre).

Aujourd’hui la lumière de soixante douze bougies dans tes yeux sombres.

Aujourd’hui la lumière de l’aiguille qui dessine à chaque filée de point arrière le tracé d’une vie, à l’envers (rêve trois).

Aujourd’hui la lumière ricoche sur les plaques de verglas

Aujourd’hui la lumière entre de petites boules rouille, ivoire et vert amande qui évoquent les choux hivernaux (rêve deux).

Aujourd’hui la lumière, sans début, sans fin, partout diffuse.

Aujourd’hui la lumière à travers la toile de jute masquée de broderies que l’on retrouve au fond d’un vieux buffet (rêve un).

Aujourd’hui la lumière fille de la tempête.

Aujourd’hui la lu/mière c’est l’Urbex à fleur/de peau-en silence/l’insondable feu follet/l’idéale performance.

Aujourd’hui la lumière se terre, humifère et capiteuse – ocre la lumière aujourd’hui.

Aujourd’hui la lumière glace les consciences.

Aujourd’hui la lumière s’est faite attendre.

Aujourd’hui la lumière d’acier d’un ciel tourmenté se réfléchit dans une flaque d’eau et éblouit les rétines.

Aujourd’hui la lumière en plan américain, d’une femme menacée par les flammes.

Aujourd’hui la lumière – ou plutôt l’obscurité d’un petit matin pluvieux – pleure toutes les indignités

Aujourd’hui la lumière c’est la fulgurance de l’oubli.

Aujourd’hui la lumière entre les incisives d’une belle insolente.

Aujourd’hui la lumière, cette petite malice qui illumine nos regards quand le quotidien se défroisse.

Aujourd’hui la lumière sur les pays de Loire est amère.

Aujourd’hui…la lumière…perle de brume.

Aujourd’hui la lumière perce la brume lentement, sans se presser.

Aujourd’hui la lumière d’Henri Michaux, « son écriture que je respire ».

Aujourd’hui la lumière en creux.

Aujourd’hui la lumière d’un mur chaulé, d’un seau qui déborde et de l’écume dans le caniveau – blanche la lumière aujourd’hui .

Aujourd’hui la lumière est électrique.

Aujourd’hui la lumière rôde et sème des pixels humides autour des grands arbres frigorifiés.

Aujourd’hui la lumière a fondu avec la nuit – le fera-t-elle encore demain?

Aujourd’hui la lumière enneigée qui n’est pas mienne.

Novembre 2017

Aujourd’hui la lumière du feu dans les yeux du chat noir assis sur la mappemonde.

Aujourd’hui la lumière est une évidence fragile.

Aujourd’hui la lumière de l’ombre des vignes et leur pénurie d’eau.

Aujourd’hui la lumière c’est « l’explosion qui éclaire mon abîme » – emprunté à Rimbaud.

Aujourd’hui la lumière à laquelle aspire l’humain contraint à l’absurdité du monde.

Aujourd’hui la lumière a des senteurs de clémentine quand on fait son marché rue Albert Camus.

Aujourd’hui la lumière sur l’aile du corbeau, silhouette surgie des brumes matinales.

Aujourd’hui la lumière, châteaux en Espagne d’un avenir incertain.

Aujourd’hui la lumière découpe l’œil en tranches et je « cesse de me désirer ailleurs », emprunté à André Breton.

Aujourd’hui la lumière rasante et mes paupières mi closes sur un cœur ranimé.

Aujourd’hui la lumière des flammes sur la voie ferrée à deux pas de l’homme accroupi qui berce l’enfant.

Aujourd’hui la lumière résiste au chaos du ciel.

Aujourd’hui la lumière chante que tout bois prend racine et moi avec…

Aujourd’hui la lumière sombre d’un poème de T.S Eliot, the waste land.

Aujourd’hui la lumière a quitté le sol, les racines peinent et ma tête ploie sous les ramilles.

Aujourd’hui la lumière, c’est elle, l’intruse craintive, que je cueille dès potron-minet sur la pelouse compromise.

Aujourd’hui la lumière et le vent balayent les trottoirs de nos humeurs automnales ; il monte des murmures en tourbillons qui rythment nos pas comme une fugue.

Aujourd’hui la lumière, c’est le chant du coq sous un ciel sans lune.

Aujourd’hui la lumière cardée, comme on carde la brume des souvenirs.

Aujourd’hui la lumière est plus vaste que l’océan le plus vaste, plus haute que les sommets les plus hauts, plus profonde que le ciel depuis Neptune.

Aujourd’hui la lumière des flirts fuse de ses fentes de timidité.

Aujourd’hui la lumière a des accents de vérité bien que son cœur demeure voilé.

Aujourd’hui la lumière a joint les doigts de l’aveugle et les baisers de son aimé.

Aujourd’hui la lumière peine à traverser les couches d’une peau morte – l’espoir serait cette clarté timide qui du dessous semble annoncer son surgissement ?

Aujourd’hui la lumière plie sur les tiges troublées des roseaux.

Aujourd’hui la lumière, sentinelle matinale, flirte sur les remparts de la ville fortifiée.

Aujourd’hui la lumière – des grains de poussière dispersés à ton approche – une définition de l’amour ?

Aujourd’hui la lumière à travers les arbousiers, nous marchions dans le présent.

Aujourd’hui la lumière captive l’espace gris de mes pensées.

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