Cadavres exquis

[Manuscrit d’Isabelle Vincent]

La voiture, à rebours de mon humeur, montait et descendait les routes de Granville. La faible lumière de ce jour-là glissait sur le gris des façades, altérait mon âme avec un bruit doux de regret échoué sur la plage. Rien ne bougeait, tout était calme et dénué de sens comme un masque collé à vie sur la noirceur profonde de l’être que j’étais. L’être que je croyais être.

Mais personne ne confirmerait mon point de vue. Je ne voulais tout simplement plus être sous les projecteurs. Partir, ne pas revenir. Trouver d’autres lumières, d’autres angles de vue.

Je le lui avais bien dit pourtant :

– Aujourd’hui je n’ai pas trouvé de mot. Si… la résonance.

– Subjectif mon cher Watson, m’avait-elle rétorqué. Imaginez une hélicoïdale, image dérobée à la chambre noire d’une femme passée aux oubliettes et vous aurez une mince idée de la résonance- en vol.

Un temps ralenti s’était alors ouvert, celui de l’oubli.

Collectif

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