Sauvage comme…peindre en Normandie

Sauvage comme une baigneuse transie, la main gauche presque rendue rigide sur un appui vermoulu. Sous des seins juvéniles, le ventre gonflé que la petite ne semble pas regretter. La pauvrette !

Sauvage comme les esquisses d’un maître dans sa prime jeunesse, l’air , l’eau et le roc encore empêtrés d’un académisme qui ne l’encombrera bientôt plus.

Sauvage comme un Courbet six ans avant sa mort, des pans arrachés de falaises, jetés en pâture à la fougue des flots qui encadrent un esquif à double voile par gros temps.

Sauvage comme les équidés qu’on attelle dès le matin en direction de la grève – horizontales de barques et de bancs de sable, silhouettes affublées de lignes de pêche, pluie drue en arrière-plan.

Pour Aristote, la catharsis est « purgation produite chez le spectateur par la tragédie »