Sparring…nous travaillons dans l’obscurité…

Dans le cadre de l’exposition des Artistes Nomades,

les Ateliers de Traverse proposent un atelier d’écriture

animation Catherine Robert


Sparring…nous travaillons dans l’obscurité…

le 06 octobre 2018

au château d’Aubais (Gard)

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Week 4

. Série comme les portraits de femmes qui accueillent, nourrissent, vont au labeur, sourient et jouissent. 

. Série comme les incas et les aztèques,  et une pie, l’acide et l’amer, vénéneuse et venimeuse, la gauche et la droite.

. Série comme la famille, le dimanche, la SNCF, les diplômes, les cités et les généralités (toutes).

. Série comme 1521, le son des gongs, les poulets et les cochons sacrifiés, le sang et l’or, le riz nourricier, Magellan à terre.

. Série comme une argile, un tour, une chamotte, un biscuit, une couleur, une passion, un départ.

. Série comme la chaleur, l’incendie, Athènes, les morts, une jeune fille triste.

. Série comme une larme de sperme, une goutte de sang, une perle lacrymale.

Catherine Robert

Week 3

Série comme ego, égocentrisme – non -, égoïsme -non-, égotisme – non – ; narcissisme au sens psychanalytique « investissement du sujet sur lui-même ».

Série comme un campus universitaire, des enseignants-chercheurs en informatique, un médiateur qui se défausse, des correcteurs qui peinent à justifier leur sévérité, un jeune homme – que je sais en colère – faire face dignement.

Série comme les mystères pascuans, le tuf érigé sur la plage, les têtes dans les pentes volcaniques, la patine sang du Sophora toromiro, des signes symboliques gravés, la mana et le tapu, une forêt disparue, des rats et des polynésiens, une culture très menacée.

Série comme le trajet à travers les garrigues, le littoral méditerranéen, la campagne et ses trouées sur le canal du midi, la ville rose.

Série comme deux frères, leurs souvenirs, l’univers des raves – leur déchéance et leur banditisme -, la musique et l’euphorie.

Série comme la flûte, les percussions, la voix, le chant des insectes, la brise dans les feuilles, les galets sur les semelles, le glouglou dans les gosiers, l’écho des mâchoires, les paroles qui montent aux étoiles, les pétarades festives, les enceintes déversant le rock et le son hypnotique de la techno.

Série comme un inventaire de garde-fous qui ne reviennent pas en cas de coup du sort, ils existent cependant mais impossible de remettre la main dessus alors que c’est à ce momentlà qu’ils seraient utiles et l’on se demande à quoi ça sert quand on va bien et qu’on en n’a pas besoin ; or toutes les cultures en possèdent, de ces rituels qui du plus simple au plus élaboré se pratiquent avec régularité et faste parfois, ou dans une simplicité confondante ; toutefois ces béquilles, pour elles aussi, se sont totalement montrées inopérantes lors d’invasion, de guerre, d’agression physique, de torture mentale, d’acharnement psychique ; aussi suffit-il aujourd’hui d’égrener « ici, maintenant , mon intérieur, mon extérieur, je suis mais pas les autres » ; et c’est très difficile de relever la tête, de se redresser, d’arquer le corps et de regarder droit devant soi, là où il y autre chose, forcément autre chose.

Catherine Robert

Week 2

Série comme le minéral, le vivant et le spirituel.

Série comme culture, sport, distraction, consommation, endormissement, aliénation.

Série comme l’autorité, la frustration, la révolte, l’explosion, le combat, la répression, le massacre, l’abattement et l’oubli.

Série comme Marcello à l’hôtel, Marcello au téléphone, Marcello  et son nez, Marcello et les femmes, Marcello et la vieillesse, Marcello et la profession.

Série comme les trajets à Anduze, Alès, Nîmes et Sommières.

Série comme scutigère véloce, cigale plébéienne, citron de Provence, syrphe ceinturé, scorpion noir et chrysope pâle.

Série comme parenthèses, continuum, intervalles et jalons.

Catherine Robert

Week 1

Série comme rideau rouge et nain dansant, Laura et Bob , Blue Rose et DL himself, inénarrable épisode 8 – 25 ans plus tard.

Série comme noire, mouise, lose, coup du sort, fatum.

Série comme…une chute de vélo, des muscles tétanisés, une entorse moult fois décalquée, une hanche douloureuse aux mauvais jours, un mollet agressé, un genou pincé, un corps symbolique.

Série comme…les mauves, les moissons et les éclairs.

Série comme…la lumière de Dufy, l’absurde de Camus et le marbre de Claudel.

Série comme…un quai de gare, un accident de voiture, des retrouvailles.

Série comme…un trou de terre, une pause d’arbre, un vol d’insecte, la gueule d’un gecko, une aile solitaire.

Catherine Robert

160 km de neige glacée par dessus une boule de goudron

5 cents vont se métamorphoser.

Sortilège du monde, galère ou boue ? « Montez là haut ! » Le porno, c’est Verdun, un tueur musical. J’étais sur le cul, dans un univers étrange, dominé par le clac! des varechs sous les bottines des passantes – étrangement écloses dans la stupeur anxieuse d’une bande-son. Mojo regarde tout, télécommande sur le menton, il a dit « Va te faire foutre ! » à Sandy.

Oui, c’était tout aussi surprenant que lire entre les lignes…noir et blanc, fragile et concret. Comme les ondes sismiques ou les propos de Claude Lévi-Strauss ou encore 160 km de neige glacée par dessus une boule de goudron. L’orbe monte le long d’une source, rien n’a été prémédité. Si c’était la guerre, on la suivrait des yeux de bas en haut. Maison onirique et vénéneuse, hors du temps. Quand j’étais gamin, enfoncé dans un canapé, je devais attaquer et c’était évidemment « Putain, ça me rend dingue ! ». J’allais à pied et me planquais avec mes impressions. Maintenant je peux à peine marcher, je ne sais pas vraiment l’histoire. Télescopage entre plaisir et danger, came pure de soleil et de Méditerranée.

Plus tard difficile de décrire ce qui aura provoqué le destin. Faire, durant dix-heures, place à la couleur, c’est très long. Une sorte de transe, expérience presque nihiliste, quelque chose du rêve, se révèlera bouture impossible.

Catherine Robert