Week 2

Série comme le minéral, le vivant et le spirituel.

Série comme culture, sport, distraction, consommation, endormissement, aliénation.

Série comme l’autorité, la frustration, la révolte, l’explosion, le combat, la répression, le massacre, l’abattement et l’oubli.

Série comme Marcello à l’hôtel, Marcello au téléphone, Marcello  et son nez, Marcello et les femmes, Marcello et la vieillesse, Marcello et la profession.

Série comme les trajets à Anduze, Alès, Nîmes et Sommières.

Série comme scutigère véloce, cigale plébéienne, citron de Provence, syrphe ceinturé, scorpion noir et chrysope pâle.

Série comme parenthèses, continuum, intervalles et jalons.

Catherine Robert

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Week 1

Série comme rideau rouge et nain dansant, Laura et Bob , Blue Rose et DL himself, inénarrable épisode 8 – 25 ans plus tard.

Série comme noire, mouise, lose, coup du sort, fatum.

Série comme…une chute de vélo, des muscles tétanisés, une entorse moult fois décalquée, une hanche douloureuse aux mauvais jours, un mollet agressé, un genou pincé, un corps symbolique.

Série comme…les mauves, les moissons et les éclairs.

Série comme…la lumière de Dufy, l’absurde de Camus et le marbre de Claudel.

Série comme…un quai de gare, un accident de voiture, des retrouvailles.

Série comme…un trou de terre, une pause d’arbre, un vol d’insecte, la gueule d’un gecko, une aile solitaire.

Catherine Robert

160 km de neige glacée par dessus une boule de goudron

5 cents vont se métamorphoser.

Sortilège du monde, galère ou boue ? « Montez là haut ! » Le porno, c’est Verdun, un tueur musical. J’étais sur le cul, dans un univers étrange, dominé par le clac! des varechs sous les bottines des passantes – étrangement écloses dans la stupeur anxieuse d’une bande-son. Mojo regarde tout, télécommande sur le menton, il a dit « Va te faire foutre ! » à Sandy.

Oui, c’était tout aussi surprenant que lire entre les lignes…noir et blanc, fragile et concret. Comme les ondes sismiques ou les propos de Claude Lévi-Strauss ou encore 160 km de neige glacée par dessus une boule de goudron. L’orbe monte le long d’une source, rien n’a été prémédité. Si c’était la guerre, on la suivrait des yeux de bas en haut. Maison onirique et vénéneuse, hors du temps. Quand j’étais gamin, enfoncé dans un canapé, je devais attaquer et c’était évidemment « Putain, ça me rend dingue ! ». J’allais à pied et me planquais avec mes impressions. Maintenant je peux à peine marcher, je ne sais pas vraiment l’histoire. Télescopage entre plaisir et danger, came pure de soleil et de Méditerranée.

Plus tard difficile de décrire ce qui aura provoqué le destin. Faire, durant dix-heures, place à la couleur, c’est très long. Une sorte de transe, expérience presque nihiliste, quelque chose du rêve, se révèlera bouture impossible.

Catherine Robert

Décembre 2017

Ateliers d’écriture le samedi 16 décembre

  • une journée d’écriture de 10h00 à 16h00, à St Germain les Essourts (76)

sur le thème de « Mémoire(s) »

OU

  • une matinée d’écriture de 10h00 à 13h00, à Nîmes

Clôture de « Mouvement(s) »

 

Lux diaries

Aujourd’hui la lumière comme l’amitié en recèle.

Aujourd’hui la lumière se rallume pour la femme désarçonnée.

Aujourd’hui la lumière d’une longue année.

Aujourd’hui la lumière accuse les coups du sort.

Aujourd’hui la lumière et ses complices.

Aujourd’hui la lumière sur une Flandre tatouée.

Aujourd’hui la lumière explore le passé.

Aujourd’hui la lumière qui enivrait Van Gogh (sur les pas d’Henry Miller à Phaestos).

Juin

Aujourd’hui la lumière rayonne parmi les livres.

Aujourd’hui la lumière signe Francesca.

Aujourd’hui la lumière a le charme hybride d’une demeure fraternelle.

Aujourd’hui la lumière incarne le petit mazet.

Aujourd’hui la lumière rencontre Kim.

Aujourd’hui la lumière, et moi? et moi? et moi?…

Aujourd’hui la lumière redoute l’orage.

Aujourd’hui la lumière a le sommeil profond.

Aujourd’hui la lumière des canadairs au-dessus des bambous.

Aujourd’hui la lumière, toute sur l’intime.

Aujourd’hui la lumière inonde les premières figues cueillies.

Aujourd’hui la lumière bleue d’un champ de lin en fleurs.

Aujourd’hui la lumière, celle de l’enfant et de la mère.

Aujourd’hui la lumière fraîche du petit matin.

Aujourd’hui la lumière vise au plus juste.

Aujourd’hui la lumière au fond de la poche, un mouchoir par-dessus.

Aujourd’hui la lumière concilie paroles et silence.

Aujourd’hui la lumière plane sur le désarroi.

Aujourd’hui la lumière jardine.

Aujourd’hui la lumière blanche des hôpitaux.

Aujourd’hui la lumière reprend souffle.

Aujourd’hui la lumière est douloureuse.

Aujourd’hui la lumière est un petit soldat.

Aujourd’hui la lumière est opaque.

Aujourd’hui la lumière a un corps ambré.

Aujourd’hui la lumière, coite.

Aujourd’hui la lumière ne réside plus.

Aujourd’hui la lumière bulle.

Aujourd’hui la lumière conjugue le Verbe performatif.

Aujourd’hui la lumière fuit l’entendement.

Aujourd’hui la lumière comme une invitation à la plage.

Aujourd’hui la lumière remonte le temps.

Aujourd’hui la lumière rechigne.

Aujourd’hui la lumière traverse les négatifs.

Aujourd’hui la lumière a un nouveau regard, elle sort du songe, elle capte l’innommable.

Aujourd’hui la lumière d’un photon qui se pointe  dans la tristesse.

Aujourd’hui la lumière des foudres quotidiennes.

Aujourd’hui la lumière, mémoire de feuilles via Binh Danh.

Aujourd’hui la lumière a des airs de  fragilité comme celle des petits coquillages sur les surfaces humides.

Aujourd’hui la lumière tremble, flamme sous les vents d’un destin.

Aujourd’hui la lumière bicolore des jacassements de pies.

Aujourd’hui la lumière d’un teint de jeune fille.

Aujourd’hui la lumière, on aurait dit un vieux plaid raccommodé en maints endroits, cher à Durrell.

Aujourd’hui la lumière vacillante de nos souvenirs.

Aujourd’hui la lumière de deux sœurs qui veillent malgré elles sur Kurt.

Aujourd’hui la lumière de deux bougies d’anniversaire.

Aujourd’hui la lumière, celle d’un voyou tatoué qui a grandi.

Aujourd’hui la lumière éteint l’espoir.

Aujourd’hui la lumière des éructements punk en stetson immaculé.

Mai

Aujourd’hui la lumière parle aux hommes.

Aujourd’hui la lumière a-t-elle la douceur d’une mousse au chocolat ?

Aujourd’hui la lumière boude les rituels.

Aujourd’hui la lumière survole la Lituanie.

Aujourd’hui la lumière de Lamartine quand le vin est bleu, la nappe est sale.

Aujourd’hui la lumière s’annonce bouddhiste.

Aujourd’hui la lumière esquisse une danse.

Aujourd’hui la lumière troue une vallée cévenole.

Aujourd’hui la lumière rentre au bercail.

Aujourd’hui la lumière des fourneaux, du fournil, de la fonderie.

Aujourd’hui LEUR lumière.

Aujourd’hui la lumière d’un automatique – lumière de terreur.

Aujourd’hui la lumière que je n’aime pas, celle du regret ou plutôt du manque.

Aujourd’hui la lumière des études.

Aujourd’hui la lumière des framboises en leur maturité.

Aujourd’hui la lumière bretonne, italienne, in fine gardoise.

Aujourd’hui la lumière comme celle d’un foie malade.

Aujourd’hui la lumière de pétage de plomb.

Aujourd’hui la lumière en d’aussi monstrueux parages…

Aujourd’hui la lumière se goûte en gouttes.

Aujourd’hui la lumière est loquace.

Aujourd’hui la lumière, ce sont les coquelicots sur le ballast.

Aujourd’hui la lumière balaie les archipels.

Aujourd’hui la lumière, c’est l’éclat d’un hélicoptère au-dessus du champ.

Aujourd’hui la lumière des Dogs sur notre jeunesse.

Aujourd’hui la lumière croustille comme une tartine.

Aujourd’hui la lumière aux temps du polythéisme.

Aujourd’hui la lumière dédiée à celle qui ne prend plus ride.

Aujourd’hui la lumière n’a pas d’odeur.

Aujourd’hui la lumière scande le temps.

Aujourd’hui la lumière posée là, tout simplement.

Aujourd’hui la lumière, poing levé.

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