Un mois, une journée d’écriture

2018 – Ateliers d’écriture Lumière(s) –

animation Claudine Dozoul

Samedi 29 septembre de 10h00 à 16h00 – St Germain des Essourts (76)

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Lecture à Buchy

Les Ateliers de traverse font découvrir Fracture, recueil de la nouvelle collection « Œuvres croisées », dessins de Brigitte Clarysse, écrits de Claudine Dozoul et Hors-champ 03.

Lectures et dédicaces de Claudine Dozoul, Florence Denat et Isabelle Vincent à la librairie « Autres Rivages », Buchy (76).

Événement à Buchy (Seine-Maritime)

A la librairie « Autres Rivages » 

Le 22 septembre 2018

à partir de 16h00

les Ateliers de traverse

présentent leurs dernières parutions

  • Hors-champ 3, troisième recueil de la collection, écrits des auteures Florence Denat, Claudine Dozoul, Sandrine Elichalt, Régine Marre Querouil, Marianna Payovitch, Jane Planson, Catherine Robert, Isabelle Vincent, croisés avec la photographie de Jean-Yves Dubos.
  • Fracture, premier recueil de la nouvelle collection « Œuvres croisées », dessins de Brigitte Clarysse, écrits de Claudine Dozoul

Des auteures dédicaceront leurs livres et liront des extraits à partir de 16h30

adresse: 141 rue de Dieppe 76750 Buchy

Un événement impulsé par Claudine Dozoul

Une p’tite note de musique…

Série

comme une série de notes sur une gamme en do mineur, de notes en marge des recueils, de notes de frais, de notes jetées sur un carnet lors de déambulations en pleine nuit, de notes d’audience et de notes à payer, de notes d’écrivain, de notes littéraires, de notes du courage et de notes de l’abandon, de notes attribuées à la gent masculine, puis celles de la vérité, celles de la vérification, celles sur Antigone, celles sur le sexe, celles sur les griffes de l’épuisement, sur les aphorismes et sur les problèmes acoustiques, sur la paranoïa et le narcissisme, sur les anges et sur l’art, série comme des notes qu’on éparpille sur la gamme d’une vie.

Série

comme jardins, jardin potager, jardin de l’enfance, jardin du ravissement, jardin des simples et celui de l’Olympe, jardin de l’esprit, jardin japonais aux nombreux pictogrammes, jardin d’acclimatation, jardin de l’Alhambra, jardin des litotes, jardin de la magie noire, celui des musées, celui des palais, celui des chiens, celui des photographes, celui du grand repos et celui des scandales, celui de l’insurrection et celui du mélange des genres, du foisonnement, de l’utopie et du secret, série comme jardins à cultiver durant toute une vie.

Série

comme bulles, bulles irisées portées par la brise, bulles vides qui font la joie des innocents, bulles mirages de la légèreté des jours, bulles sans audience, muettes à en exploser, bulles rêves qui franchissent les frontières du réel, bulles de champagne et bulles de savon, bulles d’Angoulême, bulles papales, celles de Bilal et celles du papier, celles de l’attention, celles du retrait, celles de l’attestation, série comme bulles à coincer quand l’envie est là.

Claudine Dozoul

Flashback / Flashforward

[Manuscrit d’Isabelle Vincent]

Tout commence ici

A demie nue les jambes écartées elle se ploie au pied des Idolomantis Diabolica et murmure. « Je ne suis plus seule » ; elle cherche l’intensité de la lumière dans les plis du végétal – Andréa la quittera –et sa mémoire en toile mal tissée ramasse le flux des poussières laissées par cette rencontre.

C’était dans un jardin sauvage. Il l’avait suivie comme une méduse suit le courant de l’eau – splendides transparences. Il l’avait suivie jusqu’à la cabane sous les pommiers en fleurs. Quand elle remonte les pages de leur histoire elle se dit que c’était là que tout avait commencé, qu’il restait sans doute l’empreinte de leurs corps dans les feuilles mortes, que le ciel ne pouvait que se rappeler de leurs consentements.  Et puis le temps… Des erreurs ont germé. Des erreurs en forme de falaises infranchissables qu’ils avaient franchies à marée haute.

1La marée est basse et l’ovule est fécondé.

Elle n’est jamais plus seule. En filigrane de son devenir l’écho des vagues porteuses d’horizons chargés de fruits. Elle va sur le rivage des jardins abandonnés extraire de sa chair la flamme de la matière, la vie. Elle va victime consentante de la permanence de l’enfant. Il est sa lumière, il est sa résonance intime.

2 La marée est basse et l’ovule n’est pas fécondé.

Elle marche longtemps à côté. Ils se croisent au large des conflits. Leur amour fantôme se reflète dans le métal poli des lendemains abscons. Le temps la porte dans les limbes de l’indifférence et même sous la lumière il disparaît, elle ne le voit plus.

Claudine Dozoul