Nos résidences en ligne

Quelques retours sur nos résidences passées.

2018, St Pair sur Mer (Manche)

2017, Caen (Calvados)

2017, Trélazé (Maine-et-Loire)

2017, St Germain des Essourts (Seine-Maritime)

2016, Les Lilas (Seine St Denis)

2016, L’île de Ré (Charente-Maritime)

De la prise de date (quel exploit!) à la recherche d’un lieu -merci à toutes et à tous qui nous accueillent gracieusement dans des sites idylliques – en passant par les mails, les sms, les skype et les tél « de toute urgence », il s’écoule du temps qui énerve, qui lasse, qui frustre et emporte parfois.

Mais voilà, c’est quand même magique, même si on s’est fait bien peur – non, cette résidence n’aura pas lieu – non, faudrait pas confondre avec des vacances – non, on connaît déjà – non, c’est trop loin… On y arrive, après s’être imprégnées jusqu’à overdose.

De quoi ? De tout, d’un film, d’un rêve, d’une phrase, d’une image, d’une balade, d’un souvenir et de vraiment n’importe quoi.

On est en résidence, on s’active, on écrit, on lit, on discute, on se fatigue soi-même et on s’épuise les unes les autres. On n’oublie pas de boire et manger. On dort et ça repart. On est tristounettes à la fin. On s’engage à mutualiser les textes, les photos, les sons,tout tout tout…promis…

On partage et même si ce n’est pas immédiat, on y met de la bonne volonté.

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C’est quoi, une résidence des Ateliers de Traverse ?

Nos résidences …

Immersion de trois à quatre jours, en un lieu inédit

Influence d’un thème qui impulse et fédère

Ressources, recherches et rencontres

Promesse d’expérimentations techniques et artistiques

Créations individuelles et collectives

Réflexions, confrontations, rires et appétits

Convivialité donnée à lire, à regarder et entendre

Nous ne sommes pas pour rien des Ateliers de Traverse.

Cadavres exquis

[Manuscrit d’Isabelle Vincent]

La voiture, à rebours de mon humeur, montait et descendait les routes de Granville. La faible lumière de ce jour-là glissait sur le gris des façades, altérait mon âme avec un bruit doux de regret échoué sur la plage. Rien ne bougeait, tout était calme et dénué de sens comme un masque collé à vie sur la noirceur profonde de l’être que j’étais. L’être que je croyais être.

Mais personne ne confirmerait mon point de vue. Je ne voulais tout simplement plus être sous les projecteurs. Partir, ne pas revenir. Trouver d’autres lumières, d’autres angles de vue.

Je le lui avais bien dit pourtant :

– Aujourd’hui je n’ai pas trouvé de mot. Si… la résonance.

– Subjectif mon cher Watson, m’avait-elle rétorqué. Imaginez une hélicoïdale, image dérobée à la chambre noire d’une femme passée aux oubliettes et vous aurez une mince idée de la résonance- en vol.

Un temps ralenti s’était alors ouvert, celui de l’oubli.

Collectif

Descendre avec la marée fouler les grains de sable, les grains de mots éparpillés par un vent glacial, descendre sur la grève à quatre, à cinq, parce qu’aujourd’hui la lumière accroche les papiers – papiers comme des parchemins dans ma gorge jusqu’à mon sexe qui moisissent de n’être jamais lus.

Sortir les mains jointes en offrande au dieu local à savoir la mer – son flux – Il m’avait prévenu : ici on respire mieux.

J’avais pris mon inspiration et lui avais collé ma bouche sur ses lèvres un peu bleues, tandis qu’en contrebas les vagues cognaient bruyamment sur les rochers de granite.

Collectif

L’horizontalité du paysage

– Interdiction de monter sur la partie ronde de la buse, dit le faucon.
– Le grand YAKA, dit le martinet.
– Le petit – ET MOI ? ET MOI ? ET MOI ?

C’est un festival. L’émoi change le monde et l’horizontalité du paysage – en mouvement perpétuel. Les araignées ne grimpent plus au plafond et les bulots flirtent avec le citron.

Dans la nuit, les bulles d’écume voltigeaient et l’on aurait pu penser qu’il neigeait à Pâques. Les quais glissaient, les murs chuchotaient et ton ombre m’emplissait.

Ensemble, nous monterons sur la partie ronde de la buse.

Collectif

Cadavre exquis

La voiture, à rebours de mon humeur, montait et descendait les routes de Granville. La faible lumière de ce jour-là glissait sur le gris des façades, altérait mon âme avec un bruit doux de regret échoué sur la plage. Rien ne bougeait, tout était calme et dénué de sens comme un masque collé à vie sur la noirceur profonde de l’être que j’étais. L’être que je croyais être.

Mais personne ne confirmerait mon point de vue. Je ne voulais tout simplement plus être sous les projecteurs. Partir, ne pas revenir. Trouver d’autres lumières, d’autres angles de vue.

Je le lui avais bien dit pourtant :

– Aujourd’hui je n’ai pas trouvé de mot. Si… la résonance.

– Subjectif mon cher Watson, m’avait-elle rétorqué. Imaginez une hélicoïdale, image dérobée à la chambre noire d’une femme passée aux oubliettes et vous aurez une mince idée de la résonance- en vol.

Un temps ralenti s’était alors ouvert, celui de l’oubli.