Ciron

Scénario *

* Inspiration: projet collectif adopté lors de la précédente résidence

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Imprégnations

Depuis la résidence à St Pair sur Mer, nous projetons d’aborder l’écriture scénaristique. Par quel biais chacune aborde-t-elle la résidence prévue à Ciron ? En vrac, chacune avec sa sensibilité et sa pratique lance des pistes: Aujourd’hui la lumière…. micropoésie, brèves, haïkus…. Écriture sur une période telle que du Romantisme à la Beat… Série comme…Journal intime… Autobiographie / Mémoires

Une p’tite note de musique…

Série

comme une série de notes sur une gamme en do mineur, de notes en marge des recueils, de notes de frais, de notes jetées sur un carnet lors de déambulations en pleine nuit, de notes d’audience et de notes à payer, de notes d’écrivain, de notes littéraires, de notes du courage et de notes de l’abandon, de notes attribuées à la gent masculine, puis celles de la vérité, celles de la vérification, celles sur Antigone, celles sur le sexe, celles sur les griffes de l’épuisement, sur les aphorismes et sur les problèmes acoustiques, sur la paranoïa et le narcissisme, sur les anges et sur l’art, série comme des notes qu’on éparpille sur la gamme d’une vie.

Série

comme jardins, jardin potager, jardin de l’enfance, jardin du ravissement, jardin des simples et celui de l’Olympe, jardin de l’esprit, jardin japonais aux nombreux pictogrammes, jardin d’acclimatation, jardin de l’Alhambra, jardin des litotes, jardin de la magie noire, celui des musées, celui des palais, celui des chiens, celui des photographes, celui du grand repos et celui des scandales, celui de l’insurrection et celui du mélange des genres, du foisonnement, de l’utopie et du secret, série comme jardins à cultiver durant toute une vie.

Série

comme bulles, bulles irisées portées par la brise, bulles vides qui font la joie des innocents, bulles mirages de la légèreté des jours, bulles sans audience, muettes à en exploser, bulles rêves qui franchissent les frontières du réel, bulles de champagne et bulles de savon, bulles d’Angoulême, bulles papales, celles de Bilal et celles du papier, celles de l’attention, celles du retrait, celles de l’attestation, série comme bulles à coincer quand l’envie est là.

Claudine Dozoul

Week 3

Série comme ego, égocentrisme – non -, égoïsme -non-, égotisme – non – ; narcissisme au sens psychanalytique « investissement du sujet sur lui-même ».

Série comme un campus universitaire, des enseignants-chercheurs en informatique, un médiateur qui se défausse, des correcteurs qui peinent à justifier leur sévérité, un jeune homme – que je sais en colère – faire face dignement.

Série comme les mystères pascuans, le tuf érigé sur la plage, les têtes dans les pentes volcaniques, la patine sang du Sophora toromiro, des signes symboliques gravés, la mana et le tapu, une forêt disparue, des rats et des polynésiens, une culture très menacée.

Série comme le trajet à travers les garrigues, le littoral méditerranéen, la campagne et ses trouées sur le canal du midi, la ville rose.

Série comme deux frères, leurs souvenirs, l’univers des raves – leur déchéance et leur banditisme -, la musique et l’euphorie.

Série comme la flûte, les percussions, la voix, le chant des insectes, la brise dans les feuilles, les galets sur les semelles, le glouglou dans les gosiers, l’écho des mâchoires, les paroles qui montent aux étoiles, les pétarades festives, les enceintes déversant le rock et le son hypnotique de la techno.

Série comme un inventaire de garde-fous qui ne reviennent pas en cas de coup du sort, ils existent cependant mais impossible de remettre la main dessus alors que c’est à ce momentlà qu’ils seraient utiles et l’on se demande à quoi ça sert quand on va bien et qu’on en n’a pas besoin ; or toutes les cultures en possèdent, de ces rituels qui du plus simple au plus élaboré se pratiquent avec régularité et faste parfois, ou dans une simplicité confondante ; toutefois ces béquilles, pour elles aussi, se sont totalement montrées inopérantes lors d’invasion, de guerre, d’agression physique, de torture mentale, d’acharnement psychique ; aussi suffit-il aujourd’hui d’égrener « ici, maintenant , mon intérieur, mon extérieur, je suis mais pas les autres » ; et c’est très difficile de relever la tête, de se redresser, d’arquer le corps et de regarder droit devant soi, là où il y autre chose, forcément autre chose.

Catherine Robert

Week 2

Série comme le minéral, le vivant et le spirituel.

Série comme culture, sport, distraction, consommation, endormissement, aliénation.

Série comme l’autorité, la frustration, la révolte, l’explosion, le combat, la répression, le massacre, l’abattement et l’oubli.

Série comme Marcello à l’hôtel, Marcello au téléphone, Marcello  et son nez, Marcello et les femmes, Marcello et la vieillesse, Marcello et la profession.

Série comme les trajets à Anduze, Alès, Nîmes et Sommières.

Série comme scutigère véloce, cigale plébéienne, citron de Provence, syrphe ceinturé, scorpion noir et chrysope pâle.

Série comme parenthèses, continuum, intervalles et jalons.

Catherine Robert

Série comme…

 

la collection NRF de Marcel Duhamel SERIE NOIRE – typo devenue blanche- ces polars aux titres qui régalent – en jaune sur fond noir, aux auteurs qui font de leurs personnages des mythes : Philip Marlowe du Grand Sommeil de Chandler, Sam Spade du Faucon de Malte de Dashiell Hammet, les 1275 âmes de Jim Thompson et tous les autres qui prennent vie sous des titres qui à eux seuls mais aussi en résonance font œuvre : Elles attigent !; Ça sent le sapin ; Ça te la coupe ; Fais pas ta rosière ; Couche-la dans le muguet ; Les Spaghettis par la racine ; Quadrille à la morgue ; Les morts s’en foutent ; Cent mètres de silence ; Tu veux mon portrait ?

Série comme…

la série des étés pourris, de catastrophes et de deuils, dans la série des femmes battues à mort par un homme, l’été 2003, été de canicule, il y eut l’éternelle Mona de Franck Poupart – tueur de femme lui aussi dans cette Série noire d’Alain Corneau- il y eut Marie Trintignant.

Série comme…

la série des amours d’été, dont la caresse cuisante refroidit si lentement, et que l’on cache savamment à la table familiale, car les amours d’été sont de nature secrète.

Sandrine Elichalt

Week 1

Série comme rideau rouge et nain dansant, Laura et Bob , Blue Rose et DL himself, inénarrable épisode 8 – 25 ans plus tard.

Série comme noire, mouise, lose, coup du sort, fatum.

Série comme…une chute de vélo, des muscles tétanisés, une entorse moult fois décalquée, une hanche douloureuse aux mauvais jours, un mollet agressé, un genou pincé, un corps symbolique.

Série comme…les mauves, les moissons et les éclairs.

Série comme…la lumière de Dufy, l’absurde de Camus et le marbre de Claudel.

Série comme…un quai de gare, un accident de voiture, des retrouvailles.

Série comme…un trou de terre, une pause d’arbre, un vol d’insecte, la gueule d’un gecko, une aile solitaire.

Catherine Robert