Actualité

Les Ateliers de traverse vous informent

de la parution du n°02 de la collection HORS-CHAMP (7 euros)

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1 photographe,

Vincent Connétable

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5 auteures,

Florence Denat

Claudine Dozoul

Sandrine Elichalt

Catherine Robert

Isabelle Vincent

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design Loic Vincent

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Dans la même collection: le n° 01 (5 euros)

La collection Hors-champ s’inscrit dans une démarche de création croisée avec la photographie.

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Sont toujours disponibles

.  La Battue, récit de Sandrine Elichalt, 10 euros

 . Les Pointsfragments de Catherine Robert, 10 euros

. La Chambre d’Echo, roman d’Isabelle Vincent, 14 euros

Vous pouvez nous contacter pour commander un livre ( ou plusieurs)

par mail: ateliers_detraverse@orange.fr

ou par le formulaire de contact du blog

Même si

Même si je ne suis plus qu’un chiffon essoré, tu sais quoi ? Je m’en fous. Même si tout sonne creux. Je m’en fous des retombées abruptes. Seuls m’importent les corps qui frémissent et les esprits dingues. Alors quoi ? S’hypnotiser face à l’aube. Se désoler derrière le voile de brume. L’enfer… sans fers s’enferre. Merde. Tu avais dit. Pas de jeux de mots aujourd’hui. Tu te concentres sur le chant infernal des cigales qui indique que l’on a passé les 25 degrés. Une simple histoire de respiration. De souffle. De légèreté. De perte d’âme sauf si dans le ciel une tache noire, un aigle, mesurée par rapport aux étoiles, loin du mouvement, parce que tout ce que tout ce que tu souhaites est de rempiler les songes infinis.

Clos tes yeux.

EXPOSITION de Nobuyoshi ARAKI

 

 

Du 13 avril au 5 septembre 2016 au Musée Guimet

«  La photographie, c’est la vie. Et la vie est un voyage sentimental. » Araki

Ses Flowers ouvrent l’exposition et le pouvoir érotique de ces images-fleurs est frappant. En elles s’incarne évidemment toute l’éphémère beauté, en elles sont célébrés les défunts à qui l’on offre leur parfum envoûtant. Un topos artistique revisité de façon irrésistible et saisissante.

On parcourt ensuite Le voyage sentimental ( 1971) et Le voyage d’hiver ( 1990), présentés avant le travail photographique lié au «  Kimbuku », ce jeu érotique de sexe et de cordes qui nourrit l’oeuvre d’Araki et ce « Théâtre de l’Amour » frénétiquement composé de scènes prises par ce petit bonhomme qui marche très droit et photographie comme il respire.

Les images entêtantes de l’être aimé perdu, sa femme, occupent ses deux voyages.

Le premier capte le corps anguleux couché sur le tatami, cette poitrine menue tendue vers la nature, la simplicité d’une pose dans un jean bleu foncé, les boucles brunes et sombres de Yoko, ce visage flou de l’orgasme, la jupe vichy couchée dans la barque, une bouche qui ne sourit jamais, le regard profond, une tête légèrement inclinée vers le bas même sur la traditionnelle photo des mariés.

Le second rend palpable le déclin de l’être malade, sa révérence : ne reste que le chat dans l’appartement, au pied des couronnes mortuaires, celui qui réchauffait la couche de la malade, celui qui reposa près de sa tête embaumée et fleurie et qui attend maintenant devant la fenêtre, face au décor hivernal. Ce chat qui, sur une autre photo, cabriolera dans la neige. Sur la terrasse abandonnée, les chaises sont désormais repliées, le gris du ciel s’installe et le chat constate.

Araki est partout dans ces mises en scène de la perte : dans le personnage du chat bien sûr, dans la mélancolie du portrait de Yoko placé à côté des cendres, dans cette chambre d’hôpital et dans la main serrée pour l’éternité. Mais aussi, dans ces échappées merveilleuses que sont les fragments de cieux tourmentés qui nous délivrent un dernier message, celui d’une beauté du monde offerte à tous ceux qui sont réceptifs.